MICHAEL JACKSON
Michael Jackson est un chanteur, producteur, philanthrope, acteur-compositeur et danseur-chorégraphe américain surnommé « The King of Pop » (en français « Le Roi de la Pop »)
Malgré les nombreuses controverses (parfois dues à sa naïveté et à l'acharnement médiatique[non neutre]), les graves accusations (dont il a été innocenté), Jackson reste l'une des figures majeures et incontournables de la musique populaire des trente dernières années, et de la pop culture au sens le plus large.
BIOGRAPHIE
Michael Jackson naît par une chaude nuit d'été, le 29 août 1958 à Gary, une petite bourgade de l'état de l'Indiana. Il est le septième enfant sur neuf frères et soeurs. La famille Jackson est une famille pauvre qui survit grâce aux aides de l'Armée du Salut et au maigre salaire de Joseph Jackson : 56$ par mois dira plus tard Katherine Jackson, maman bienveillante de la famille. Les parents Jackson sont un peu l'extrême à eux deux. Joseph, dit Joe, est un père très autoritaire, parfois violent. Katherine Jackson, dit Kat, est une mère stricte mais affectueuse.
Les Jackson sont pauvres mais très croyants et pratiquants. Katherine élèvera ses enfants dans la foi et au rythme des réunions des Témoins de Jéhovah. Michael ne fêtera donc jamais son anniversaire ou Noël : les Témoins de Jéhovah ne les fêtent pas.
Les Jackson sont nombreux et en 1966, après la naissance de la petite dernière : Janet Jackson, la famille compte Maureen Jackson (dit rebbie), Sigmund Jackson (dit Jackie), Toriano Jackson (dit tito), Jermaine Jackson, La Toya Jackson, Marlon Jackson, Michael Jackson, Randy Jackson et Damita Joe Jackson (dit Janet).
Très vite, Michael montre son intérêt pour le chant. Ainsi en 1963, Katherine surprend Michael en train de chanter avec ses frères. Il n'est alors âgé que de 5 ans, mais sa voix est déja exceptionnelle (elle le surprednra aussi danser sur le rythme de la machine à laver avec des airs de James Brown, lol). Katherine en parle alors à son mari, mais ce dernier ne se montre pas très enthousiaste. Poussé par sa femme, il accepte enfin d'écouter ses enfants. Il découvre alors tout le potentiel de sa projéniture.
Rapidement, les frères Jackson commençent à se faire connaitre dans la région de Gary. Ils font leur tout premier concert dans un grand magasin à Glen Park dans la banlieue de Chicago. C'est à cette occasion que Evelyn Leahy, une des responsables du magasin, suggère à Katherine de donner le nom : Jackson 5 au groupe.
Joseph prend alors en main la carrière de ses enfants et investit dans des instruments de musique. Il fait répéter ses fils jour et nuit et n'hésite pas à user de son ceinturon pour les corriger quand ils ne chantent pas comme il faut.
Les Jackson 5 enchainent plusieurs concerts dans des Clubs, des Bars, et autres Boites de nuit de la région de Chicago. Le succès vient très vite et les Jackson 5 arrivent même à se produire en première partie de plusieurs grands artistes de la musique noire américaine : James Brown, Jackie Wilson, Marta & The Marvelaves. Michael absorbe comme une éponge le savoir-faire de ses grands noms et devient lui même un véritable showman.
En 1968, ils enregistrent leurs premières maquettes chez un petit label de Gary : Steeltown Records. Ils sortiront leur tout premier 45T : Big Boy. Un an plus tard, pistonnés par Bobby Taylor et Smokey Robinson, les Jackson 5 déccrochent une audition à la mythique maison de disque : Talma Motown dirigée par Berry Gordy. Ils
remportent alors un contrat et sortent la même année leur premier album chez Motown intitulé : Diana Ross Present The Jackson 5. Diana Ross est utilisée pour promouvoir la sortie des Jackson 5, mais contrairement à ce qui a été dit à l'époque, ce n'est pas elle qui adécouvert le groupe.
Commence alors une immense carrière pour le groupe. Michael n'a que 11 ans, mais fait preuve d'une extraordinnaire aisance sur scène. La vie devient aussi très rude pour les frères Jackson, privé de tout ce qu'ils avaient l'habitude de faire : plus de sortie dans les magasins, plus de jeux avec les amis. Michael s'enferme alors peu à peu du monde extérieur. Privé de tout ce qu'un enfant a besoin à son âge, il s'invente un monde à lui, fréquente des personnes plus âgées que lui et devient timide à outrance. Les Jackson 5 enchainent les tubes. Ils deviennent le premier groupe à placer leurs 4 premiers singles en tête des hits parades : un record jamais égalé à ce jour. Les Jackson 5 sont aussi appréciés par la population blanche qui voit en eux le modèle d'une population noire intégrée, propre et bien éduquée. Leurs tournées les entraînent aux quatres coins du monde et leurs albums se vendent par millions.
Le succès des Jackson 5, pousse Motown à lancer Michael en solo. Ainsi, quatres albums solo verront le jour chez Motown : Got To Be There en 1972, Ben la même année, Music And Me en 1973 et Forever Michael en 1975.
En l'espace de 4 ans, les Jackson 5 vendent près de 18 millions d'albums ! Mais à partir de 1973, ils commencent à perdre de la vitesse. Les singles ne se classent plus comme avant. Malgré quelques tubes, notamment Dancing Machine en 1974, les frères Jackson ne font plus autant recette. Randy, le dernier de la famille, a rejoint ses frères la même année. Devenu assez grand (Michael à 16 ans en 1974) pour composer leurs propres musique, ils aimeraient pouvoir proposer quelques maquettes à Motown. Mais Berry Gordy ne veut rien entendre. En 1975 Joseph, qui est le manager de ses fils,
décide alors de chercher une autre maison de disque pour les Jackson 5. Ils signent la même année chez CBS (qui deviendra Epic). Mais Jermaine Jackson ne veut pas suivre ses frères. Il a épousé Azel, la fille de Berry Gordy, et ne se voit pas partir de chez Motown. Il ne signera donc pas chez CBS.
Motown, qui ne veut pas laisser partir les Jackson 5 sans rien dire, intente un procès à CBS. Personne n'en sortira vraiment vainqueur. Motown garde le nom Jackson 5 comme propriété et obtient le droit d'utiliser le nom comme bon leur semble. Les Jackson 5 qui sont donc désormais chez CBS, décident alors de se rebaptiser : The Jacksons.
En 1976, les Jackson 5 ne sont plus chez Motown, la maison de disque qui les a vu grandir et évoluer dans le monde du show buisness, et n'ont désormais plus Jermaine qui est resté fidèle à Berry Gordy. De plus, le nom Jackson 5 n'est désormais plus leur propriété ce qui les pousse à se rebaptiser : The Jacksons.
La situation est donc délicate pour Michael et ses frères à leur entrée chez CBS. Ils se mettent très vite au travail et malgré un manque de liberté qui les a conduit à partir de chez Motown, CBS décide d'engager deux producteurs en vogue à l'époque pour composer la majorité des titres : Kenny Gamble et Leon Huff.
Michael apprendra beaucoup à leur contact, notamment dans la manière de concrétiser en studio ses idées de composition. La même année, le premier album des Jacksons sort sous le label CBS. Sobrement intitulé "The Jacksons", il connait un succès mitigé. Michael réussit tout de même à placer une de ses compositions : "Blues Away" et signe avec Tito et Jackie le titre : "Style Of Life".
Mais l'année 1977 verra un tournant dans la carrière de Michael. Il obtient le rôle de l'épouvantail dans le film "The Wiz", un remake du magicien d'Oz version comédie musicale noir américaine. Sa grande amie, Diana Ross, tient elle, le rôle de Dorothy. C'est lors d'une des répétitions qu'il rencontre Quincy Jones (qui produit la bande originale du film). Dès lors, les deux hommes lient une véritable complicité, Quincy tenant le rôle de mentor pour Michael.
La même année, un second album des Jacksons sort chez CBS "Goin' Places". Les frères Jackson arrivent péniblement à placer deux de leurs compositions dans l'album : "Different Kind Of Lady" et "Do What You Wanna". Malgré tout, l'album est un échec et Michael décide de voir les dirigants de CBS pour leur demander plus de liberté artistique. Après une réunion musclée, il obtient le droit pour les Jacksons de composer leur prochain album. Mais en cas d'échec, CBS reprendra le contrôle de leurs productions.
1978 voit donc la sortie de "Destiny", premier album supervisé par les Jacksons eux mêmes. C'est un très gros succès. Les titres "Blame It On The Boogie" et surtout "Shake Your Body" passent en boucle dans les boites de nuit. Les Jacksons enchaineront avec une grande tournée mondiale, mais beaucoup de concerts seront annulés, Michael ayant des problèmes avec sa voix.
La même année sort "The Wiz" au cinéma. Le film recoit un accueil très mitigé, mais l'interprétation de Michael est tout de même remarquée. La bande orginale du film (produite par Quincy Jones et distribuée par Motown !) contient "Ease On Down The Road" que Michael chante avec Diana Ross, et "You Can't Win" morceau que Michael chante seul.
Et Michael cherche à se lancer en solo. Il vient de se séparer de Joe Jackson, son père et son manager depuis ses débuts. Après une légendaire discussion au téléphone avec Quincy Jones, ce dernier propose à Michael de produire son album. La réunion des deux, fera des étincelles ! Quincy fait recontrer à Michael sa légendaire équipe composée de : Rod Temperton, Bruce Swedien et Greg Phillinganes, et l'encourage à proposer ses compositions. Michael fournira 4 titres : "Don't Stop T'ill You Get Enough", "Rock With You", "Working Day And Night" et "Get On The Floor". On notera aussi le titre "Girlfriend" composé par Paul McCartney que Michael a rencontré une année plus tôt lors d'une soirée et qui sera la première collaboration entre l'ex-Beattles et le nouveau prodige de la musique noire américaine. Stevie Wonder apporte lui aussi un titre "I Can't Help It".
Ainsi, en novembre 1979, sort l'album "Off The Wall" appuyé par le truculant "Don't Stop T'ill You Get Enough". Le succès est immense ! En quelques mois, "Off The Wall" parvient à placer 4 singles dans le top 10 américain (un record !). Le très funky "Roch With You" innonde les ondes et les clubs. Michael devient le premier artiste noir à vendre autant d'albums sur le sol américain. 5 millions d'exemplaires de "Off The Wall" se vendront aux USA et 3 millions dans le reste du monde. Le public commence à se passionner pour ce jeune homme timide dans la vie mais extraverti sur scène. Il le récompensera à sa manière en gratifiant Michael de 3 American Music Awards (décernés par le public grâce aux votes) : meilleur album soul, meilleur artiste soul et meilleur single soul pour "Don't Stop T'ill You Get Enough".
Malheureusement la cérémonie phare des Grammy Awards (les prix décernés par les professionnels de la musique) que Michael attendait avec impatience lui apportera une de ses plus grande déception. En effet, il ne reçoit ce soir là, qu'un seul prix : meilleur chanteur R&B. Extrêmement déçu, et se sentant abandonné par ses paires, il se jure alors que son prochain album ne passera pas inaperçu et que personne, pas même ses paires ne pourront ignorer.
En attendant, il repart en studio avec ses frères. Désormais mûr dans son travail, il participe à fond dans ce nouveau projet. Tous les frères Jackson sont sur le pied de guerre. Après le succès de "Off The Wall", la barre était bien haute et il fallait l'atteindre. Et ils relèveront le défi haut la main. En septembre 1980 sort "Triumph", l'album le plus aboutit des Jacksons. Des titres extraordinnairement accrocheurs comme "Can You Feel It", "Walk Right Now", ou encore "Lovely One" font de "Triumph" sans doute le meilleur album des Jacksons avec "Destiny". Pour "Can You Feel It", Michael a l'idée de créer un video clip visionnaire incluant les dernières techniques d'effets spéciaux. Un court métrage du nom de "The Triumph" sera réalisé par Robert Abel. A la manière de "Fantasia" pour Walt Disney, "The Triumph" est une oeuvre visionnaire ou les effets visuels soutiennent la musique. Il est en tous cas le premier véritable clip de Michael.
Cependant, les singles se classent très mal dans les charts et seul les ventes de l'album (près de 3 millions) sauveront "Triumph" d'un incompréhensible naugfrage !
Dans la foulée, Michael repart avec ses frères en tournée pour le "Triumph Tour". Il participe également à beaucoup de projets musicaux en faisant les choeurs ou en produisant les titres de nombreux artistes comme : Dave Mason, Stevie Wonder ou encore Latoya Jackson (sa soeur).
En 1982, Michael entre une nouvelle fois en studio avec Quincy Jones. Il est cette fois bien décidé à créer un album, que personne ne pourra ignorer. Longtemps baptisé "Starlight", le projet prendra par la suite le nom de "Thriller".En cette année 1982, Michael est acharné de travail. Il commence à enregistrer l'album "Thriller" en même temps qu'un album sur le thème de E.T l'Extraterrestre (à la demande de Steven Spielberg).
Pour "Thriller", il se surpasse. Il apporte 4 compositions magistrales : "The Girl Is Mine" qu'il enregistre en duo avec Paul McCartney, "Wanna Be Startin' Somethin'", mais aussi et surtout "Beat It" et "Billie Jean". Rod Temperton apporte 2 compositions de choix : "Babe Be Mine" et "Thriller". On notera également une composition de Steve Porcaro et John Bettis "Human Nature" et enfin le très funky "P.Y.T" de Quincy Jones et James Ingram. A l'époque, Michael enregistre plusieurs démos, dont "Hot Street" et "Nite Line" dont certaines copies de mauvaise qualité circulent sur internet. Le travail en studio devient très éprouvant car il doit travailler sur l'album d'E.T, lui aussi produit par Quincy Jones.
Ayant adoré le film, il ne se voyait pas refuser cette demande de Steven Spielberg. Ainsi il enregistre en plus de "Thriller" tout un album pour enfant sur le thème du film. Il y chante une chanson : "Someone In The Dark" composée par Rod Temperton et déclinée en deux versions (Opening and Closing), et raconte l'histoire du film en plusieurs petites parties, à la manière de conte pour enfant.
Mais les retards s'accumulent et bientôt le temps vient sérieusement à manquer. Ainsi, l'équipe de Michael précipite la fin de l'enregistrement de "Thriller" en accélèrant le mixage de l'album. Mais le résultat est alors très mauvais. Michael épuisé et en larme décide de tout annuler. Après une réunion avec les dirigants de CBS, Michael obtient enfin plus de temps pour tout finir et, après quelques semaines d'éffort, l'album "Thriller" et l'album "E.T The Extraterrestrial Storybook" sont enfin sur pieds, mais malheureusement pas dans les mêmes maisons de disque. Ainsi, MCA Records qui édite l'album de E.T, décide de sortir le disque en novembre 1982, soit un mois avant la sortie annoncée de "Thriller" et alors même que le premier single de l'album, "The Girl Is Mine" vient à peine de sortir !
Violant le contrat avec CBS qui stipulait que le disque de E.T ne devait pas sortir avant noël, MCA distribue même un 45T promo de la chanson "Someone In the Dark", le titre phare de l'album. Il n'en fallut pas plus pour déclencher les foudres de CBS (maison de disque de Michael) qui voyait en l'album "E.T The Extraterrestrial Storybook" un sérieux concurent pour "Thriller". Après un procès devant la court suprême de New York, MCA se voit obliger de retirer de la vente tous les exemplaires de l'album d'E.T, faisant de ce disque un collector convoité par les fans. Le 45T promo de "Someone In the Dark" devient quant à lui, le disque le plus rare de la carrière de Michael !
Malgré ce contre temps, et cette mauvaise presse, "The Girl Is Mine" atteint la seconde place du Hot 100 américain ! Le terrain est désormais libre pour la sortie de l'album. Ainsi, le 1er décembre 1982, l'album "Thriller" sort dans les bacs.
L'album entre très vite en tête du Hot 100 et y restera numéro 1 pendant 19 semaines ! Un record absolu. Mais cela ne sera possible pour Michael, que par une innovation importante dans la manière de vendre sa musique. Il est persuadé que le vidéo clip est le support de l'avenir, le support capable de faire décoller les ventes et assoir une image.
Convaincue par son idée, il décide de créer un vidéo clip innovant pour le prochain single de l'album, à savoir : "Billie Jean". CBS débloque alors la somme faramineuse (pour l'époque) de 250 000$ : un buget jamais vu pour un clip. Steve Barron, un jeune publicitaire anglais est choisit pour seconder Michael dans la réalisation. Malgré quelques différents entre les deux hommes et quelques problèmes techniques durant le tourange, le clip est prêt pour la sortie du single. Ainsi, en mars 1983, CBS envoi ses copies aux différentes chaines de télévision. Malheureusement, MTV refuse le clip. A l'époque, les artistes noirs étaient encore boycotés par les chaines de télévision "blanches". Confiante dans son jeune prodige, CBS menace alors MTV de retirer de leurs programmes tous leurs artistes. Au pied du mur, MTV se voit contraint d'accepter de diffuser le clip de "Billie Jean". Michael devient l'un des tout premiers artistes noirs à être diffusé sur MTV, et probablement le premier à être diffusé en rotation rapide. Bientôt le clip passe, quatre, huit, dix, douze fois par jours ! le public découvre un Michael Jackson dansant comme personne. Sa musique entre dans toutes les oreilles. Et "Billie Jean" devient numéro 1 au Hot 100 en janvier 1983, avant même que son clip ne soit diffusé !
La frénésie autour de Michael monte de semaines en semaines aux USA mais aussi dans le monde. Michael commence à faire la une de tous les magazines, et l'album "Thriller" commence à se vendre par millions. Surfant sur ce succès grandissant, Michael décide de frapper encore plus fort pour son prochain single : "Beat It". Il fait appel à Bob Giraldi pour réaliser le clip qui accompagnera la chanson. Le clip de "Beat It" sera tourné dans un quartier chaud de Los Angles avec de vrais membres de gang en guise de figurant. La chanson atteindra la première place du Hot 100 avant même que le clip ne soit diffusé. Quand ce dernier innonde enfin les chaines de télévision en mars 1983, c'est le délire ! Tout le monde tombe sous le charme d'un Michael Jackson dansant comme jamais ! La chorégraphie du clip fait sensation. Les vidéos de Michael ne ressemblent à aucune autre, et c'est ce qui fait la différence.
Mais alors que la Michaelmania bat son plein, un évênement télévisuel fera définitivement entré Michael dans une dimension autre que la simple célébrité. En mai 1983, et à la demande de Berry Gordy en personne, Michael accepte de participer avec ses frères (et Jermaine !) au Motown 25 : programme rassemblant toutes les plus grandes stars de chez Motown, le temps d'une soirée. Stevie Wonder, Lionel Richie, Marvin Gaye, Diana Ross and The Supremes et les Jackson 5 figurent parmis les têtes d'affiche. Après un superbe medley interprété avec ses frères, Michael chantera "Billie Jean" (la seule chanson qui ne soit pas au répertoire Motown ce soir là !) comme jamais ! Il fera pour l'occasion son tout premier Moonwalk (marche en arrière). Les 47 millions de téléspectateurs n'en croient pas leurs yeux. A partir de ce moment précis, les ventes de "Thriller" deviennent folles, atteignant parfois 1 million d'exemplaires vendus par semaine, allimentées par les singles "Wanna Be Startin' Somethin'" et "Human Nature" qui atteindront respectivement les 5ème et 7ème place du Hot 100, battant ainsi le record de "Off The Wall" avec 5 singles placés dans le Top 10 ! Un record.
Mais alors que le public attend logiquement un Thriller Tour, Joe Jackson demande à Michael de repartir en tournée avec ses frères. Ce n'est qu'à contre coeur qu'il décide d'accepter. L'annonce est faite dans tous les journaux : le public exulte !
Mais malgré le succès de "P.Y.T", sixième extrait de "Thriller" qui atteindra la 10ème place du Hot 100, Michael veut frapper encore un grand coup. Si "Billie Jean" et "Beat It" ont fournit des clips de qualité, il veut quelque chose d'encore plus grand pour le single "Thriller". Pour cela il fait appel à John Landis le réalisateur du "Loup Garrou de Londres", film qu'a adoré Michael. Ensemble, ils commencent à travailler sur un court metrage de 14 minutes.
En attendant, en plein été 83 sort encore un duo entre Michael et Paul McCartney : "Say Say Say". Ils avaient enregistré ce titre en même temps que "The Girl Is Mine" et "The Man". Un clip réalisé par Bob Giraldi accompagne le single. On peut y voir Michael et Paul vendre les mérites d'une pseudo boisson qui rend aussi fort d'un Hercule. Mais c'est une arnaque et l'argent généré par ces ventes reviennent au final à un orphelina. Le single atteint la première place du Hot 100. Dans le même temps il signe avec ses frères un contrat de 5 millions de $ avec Pepsi. Pepsi tient à sponsoriser la prochaine tournée des Jacksons et, Michael et ses frères doivent aussi tourner deux publicités pour la marque.
En cette fin d'année 1983, Michael a fini le tournage de son prochain clip : "Thriller". John Landis a réalisé le clip et Michael a élaboré avec Michael Peters la chorégraphie. Ainsi, le 2 décembre 1983 est diffusé en avant première sur MTV le court métrage "Thriller". On peut y voir un Michael se transformant en loup garou puis en zombie tout en dansant avec des mort-vivants sur une chorégraphie absolument magistrale !
C'est tout de suite une révolution, un raz-de-marée : le monde entier veut voir cette vidéo dont tous les journaux parlent comme le meilleur clip de tous les temps. Les ventes de Thriller qui étaient déjà de 8 millions aux USA vont encore grimper de plus belle. Comme pour alimenter cette frénésie, le clip plus son making of sortent en vidéo au tout début de l'année 1984. En février sort enfin le single "Thriller" qui atteindra la 4ème place du Hot 100 devenant ainsi le septième single d'un même album à se placer dans le Top 10 américain. Le 16 janvier, Michael doit se rendre aux cérémonies des American Music Awards ou il a été nominé dans plusieurs catégories. Ainsi il recevra 7 american music awards : meilleur chanteur pop, meilleur single pop pour "Billie Jean", meilleur album pop, meilleure vidéo pop, meilleur chanteur soul, meilleure vidéo soul et le special award of Merit. La victoire est totale ! Visiblement très honnoré et très timide, Michael recoit ses prix presque gêné !
Mais, un térrible évènement gâchera quelque peu la fête. Le 27 janvier 1984, lors d'un tournage pour un spot de pub pour Pepsi, Michael est gravement brûlé au cuir chevelu par un fumigène qui s'est déclenché trop tôt. Grâce à l'intervention de Miko Brando (fils de l'acteur Marlon Brando qui travaillait pour Michael à cette époque), le pire est évité. Michael est conduit aux urgences ou il subira plusieurs douloureuses greffes de cheveux. Michael furieux, veut alors rompre son contrat avec Pepsi, mais sa famille l'en dissuade. Il
touchera tout de même 1,5 millions de $ qu'il reversera à l'hôpital Brottman ou il a été soigné pour créer un centre pour grands brûlés. A peine remit de ses émotions, Michael doit se rendre en février à la cérémonie des Grammy Awards. Cette fois, il a été nominé dans plusieurs catégorie. Il jubile littéralement de ne pas avoir été ignoré par ses paires comme ils l'avaient fait pour son album "Off The Wall". Mais en février 1984, Thriller est l'album le plus vendu dans le monde, et les 7 singles sont entrés dans le Top 10 américain. C'est donc tout naturellement qu'il reçoit 8 Grammy Awards ! Un record absolu : Album de l'année, single de l'année, meilleure performance rock pour "Beat It", meilleure chanson R&B pour "Billie Jean", meilleur chanteur pop, meilleur album pour enfant avec le "E.T Storybook", meilleur chanteur rock et meilleur producteur pour Quincy Jones. Bardé de trophées et d'honneur, Michael prépare alors activement la tournée avec ses frères qui doit débuter en été 1984.
En mars il annonce officiellement que Franck Dileo, un des dirigants de Epic/CBS devient son manager. En mail, il est reçu à la Maison Blanche par Ronald & Nancy Reagan. A cette occasion, et après un discours élogieux, Ronald Reagan remet à Michael un prix pour son combat contre l'alcool au volant (Michael avait autorisé que la chanson " Beat It" soit utilisée dans un spot contre l'alcool au volant). En juin, et alors que l'album "Thriller" vient de dépasser les 30 millions d'exemplaires, le Victory Tour qui doit être la tournée d'adieux des Jacksons, se met sur pied. Pour l'occasion, Jermaine est de retour au sein du groupe. En toute hâte ils enregistrent un album : "Victory" qui servira à promouvoir la tournée. Michael ne s'y implique que très peu, chantant un duo avec Mick Jagger "State Of Shock", un duo avec Jermaine "Torture" et une chanson "Be Not Always". Dans le même temps, le célèbre Don King (ex-manager de Mike Tyson) est engagé par Joseph Jackson pour mettre sur pied la tournée. Michael n'était pas d'accord avec ce choix, mais doit s'y plier comme pour le reste. Cependant, il interviendra suite au système de vente des tickets de concert jugé très discutable par les fans eux mêmes. Il fallait en effet les acheter par 4 sans avoir de garantit d'avoir au final ses places. Michael décide alors d'outre passer les méthodes de Don King et de supprimer ce système pour revenir à une vente classique. Mais le mal est fait et la presse dénonce la tournée Victory comme une machine à argent.
En juillet la tournée : Victory Tour, débute à Kansas City. Assurée par le succès de Michael, le Victory Tour attire énormément de monde et génère des millions de dollars de bénéfice. Ne voulant pas donner l'image d'un homme attiré uniquement par l'argent, Michael décide de faire don de ses bénéfices, soit plusieurs millions de dollars, à des oeuvres de charité.
Le 20 novembre, il se rend sur le Hollywood Walk Of Fame ou son étoile est désormais installée. Plusieurs milliers de fans seront au rendez-vous. Derrière sa timidité légendaire on remarque que Michael jubile !
Début décembre, le Victory Tour se termine après deux derniers concerts à Los Angles, parquant ainsi la fin de "l'ère Thriller". A ce moment, Michael Jackson est au sommet. Il a vendu 30 millions d'exemplaires de son dernier album et a reçu un chèque de 53 millions de dollars de royalties. Alors que "Thriller" et le Victory Tour sont derrière lui, Michael revient très vite sur le devant de la scène. Touché par la famine en Afrique et à la demande de Harry Belafonte et Ken Kragen, il accepte de composer avec Lionel Richie une chanson visant à récolter des fonds pour aider ces familles. Quincy Jones est également appelé pour superviser le projet. Il en résultera un tube, un hymne planétaire : "We Are The World". Beaucoup de grands noms de la chanson veulent participer au projet : Ray Charles, Stevie Wonder, Bruce Springsteen, Tina Turner, Diana Ross ou Bob Dylan.
Pour être sûr de toutes les réunir en un même lieux au même moment, une séance d'enregistrement est organisée le 28 janvier 1985 après la cérémonie des American Music Awards. Elle durera toute la nuit et restera à jamais marquée dans les mémoires. Quand "We Are The World" sort en mars 1985, le 45T est disque d'or en 48h ! En juillet de la même année, Michael commence le tournage d'un court métrage novateur pour les parcs Dinsey, baptisé : Captain EO. Ce mini film de 17 minutes se veut un grand spectacle et est tourné en 3D. Il est confié aux deux réalisateurs : Francis Ford Coppola et Georges Lucas ! James Horner (B.O de Titanic) est également convié à créer les musiques du film. Michael travail dans son coin sur deux chansons qui serviront pendant le film. Il présentera ainsi : "We Are Here To Change The World" et "Another Part Of Me". On retrouvera ce dernier dans l'album "Bad" mais avec des arrangements différents.
Michael profite de sa nouvelle fortune pour acquérir en août 1985 le catalogue ATV, un catalogue musicale de plus de 4000 titres dont 251 des Beatles. La firme Coca-Cola ainsi que Paul McCartney (ancien membre du groupe) et Yoko Ono (veuve de John Lennon) étaient également sur l'affaire. Mais Michael a été le plus rapide et le plus mâlin, s'assurant de l'amitié de Robert Homes, l'ancien propriétaire du catalogue. Paul McCartney fou de rage n'adressa plus jamais la parole à Michael après ça. L'amitié entre les deux hommes n'aura durée que quelques années. Ce catalogue est depuis très prisé par Sony (maison de disque de Michael) qui aimerait bien détenir les droits. Mais Michael ne semble pas vouloir s'en débarrasser.
Au début de 1986, "We Are The World" est récompensé par un American Music Award et de 4 Grammy Awards : la récompense d'un succès planétaire.
En septembre, la première de Captain EO est organisée à DisneyWorld. Georges Lucas et Francis Ford Coppola inaugurent l'attraction. Michael n'était pas présent ce jour là mais la légende dit qu'il a assisté à la première du film déguisé en vieillard. Le film fit sensation et bientôt, Captain Eo devient une des attractions phare du parc. Le système 3D élaboré par Kodac et Lucasfilm est particulièrement éfficace, et la salle spéciale pour l'attraction inaugure un tout nouveau système de son à vous décoller l'estomac ! Captain EO raconte l'éternelle histoire entre le bien et le mal. Michael y interprète le rôle d'un jeune Capitaine nommé "EO" qui se voit confier une mission, celle de libérer une planète des griffes de la reine maléfique interpètée par Angelica Houston. Pour cela, il est aidé de son équipe : The Geex, sorte de siamois, mélange de Chewbacca et de Polux, Hooter, un éléphant sur deux pattes qui fait de la trompette avec sa trompe, Major Domo, un robot tout droit sortit des productions des années 40 et Fuzzball, un singe papillon volant avec une queue de rat !
La première partie du film a surtout été élaborée par Lucas. Le combat dans l'espace et l'arrivée sur la planète de la reine fait immédiatement penser aux Star Wars. EO et son équipe se font alors capturer par les gardes de la reine et sont livrés à cette dernière. Michael fait alors appel à son pouvoir, à savoir, la musique jouée par ses partenaires. Major Domo se transforme en divers instruments de musique. The Geex jouent de la batterie, Hooter joue de l'orge et Fuzzball de la guitarre. Michael se lance alors dans une chorégraphie magistrale et convertit grâce à son pouvoir les gardes de la reine en gentils danseurs. Tout cela bien sûr en 3D. Ainsi, on a l'impression que Michael danse devant vous : c'est une sacrée expérience ! Mais depuis le début de l'année, Michael a recommencé à travailler sur un prochain album. Plusieurs démos sont en cours de travail et il refait appel à Quincy Jones pour superviser l'album. Pourtant, Michael s'investit bien plus dans cet album que pour tous les autres. Ainsi, vers la fin de l'année 1986, Michael commence à tourner un clip pour une chanson intitulée "Bad"...
1987, Michael a terminé le tournage de son tout dernier clip. Réalisé par Martin Scorcese et durant plus de 20 min, ce clip a été inspiré d'un fait réel. Michael y joue le rôle de Darryl, un jeune garçon issu des ghettos de New York et qui, à force de travail, a réussit à entrer dans une grande école. Cependant, de retour dans son quartier, il retrouve ses amis jaloux de sa réussite. Ils lui repprochent d'être devenu un bourgeois intelo qui renie ses origines et lui demande de prouver qu'il est toujours "mauvais" (en anglais "Bad"). Après plusieurs repports, la sortie de l'album "Bad" est enfin prévue pour la fin août 1987. La pression est énorme pour Michael. Car, après le succès monumental de "Thriller", la presse, les fans, les professionnels : tout le monde l'attendaient au tournant. Sachant qu'il ne devait
pas se louper, Michael s'isola tel un moine pour composer la musique la plus navatrice possible.
Pour cet album, il a composé la quasi-totalité des titres (9 sur 11 chansons que compte "Bad"). Pourtant, le son plus pop et moins funky que "Thriller" ne conviendra pas à Quincy Jones. Ce sera d'ailleurs, le dernier album entre les deux hommes. Michael est enfin émancipé et n'hésite pas à proposer ses compositions. Pour "Bad" il enregistre pas moins de 70 démos ! Certaines comme : "Streetwalker", "Fly Away" ou encore "Cheater" son désormais sorties dans le commerce dans les rééditions de "Bad" et dans son Best Of "The Ultimate Collection".
La bonne surprise de l'album viendra d'une jeune chanteuse du nom de Siedah Garret. Cette dernière, une protègée de Quincy Jones, chantera un duo avec Michael : "I Just Can't Stop Loving You", et composera avec Glen Ballard une magnifique chanson intitulée : "Man In The Mirror".
Michael quant à lui apporte la majeure partie des chansons de l'album avec des titres très novateurs comme : Bad, Another Part Of Me, Speed Demon, Liberian Girl ou encore Smooth Criminal.
Depuis "Thriller" le vidéo clip moderne, imaginé par Michael, a fait énormément de progrès. Les budgets sont de plus en plus conséquents et la réalisation s'est affinée. "Bad" sera donc l'âge d'or du clip pour Michael, ou ne sera pas ! Pourtant en juillet 1987, à la sortie du premier extrait de l'album "Bad", à savoir "I Just Can't Stop Loving You", Michael ne tournera pas de clip. Cela n'empêche pas le 45T de se classer numéro 1 au Hot 100 américain.
Cependant, la presse commence à se poser des questions sur le physique de Michael. Celui-ci a visiblement bien changé depuis quelques années. En 1987, Michael présente un look très androgyne. Il a désormais les cheveux longs et bouclés, la peau plus claire, et le nez plus fin. Les rumeurs les plus folles commencent à circuler, surtout sur la couleur de sa peau. On dit qu'il ne veut plus être noir, qu'il a honte de ses origines. On le dit homosexuel et complètement à côté de la plaque. En France, ses rumeurs trouvent écho et malgré de très bonnes ventes, les singles de l'album "Bad" se classeront très mal.
Le 31août 1987 sort enfin l'album "Bad". Ce dernier devient instantanément numéro 1 dans 25 pays et se vend à plus de 5 millions d'exemplaires en une semaine.
Comme pour se libérer de sa famille et pour prouver qu'il est l'artiste avec qui il faut désormais compter, Michael se lance en septembre 1987 dans une grande tournée mondiale. C'est un évenement de taille car, il n'était jamais monté seul sur scène. Le Bad World Tour commence en septembre 1987 au Japon. Les places se sont vendus en un temps record : les japonais restent très fans malgré les années ! Le show reprend les grandes lignes du Victory Tour avec seulement deux titres de "Bad" figurant au menu : "I Just Can't Stop Loving You" et "Bad". Ce dernier sort d'ailleurs en single à la même période. Le public découvre ainsi le clip dans sa version longue de 26 min. La performance d'acteur de Michael est saluée, mais son image punk, son blouson plein de boucle et ses bottes pointe en fer sucitent des réactions mitigées de la part des médias. Michael n'a plus l'image du jeune timide de "Thriller". Quoi qu'il en soit, le single se place lui aussi numéro 1 du Hot 100.
Vers la fin de l'année, le Bad World Tour passe par l'Australie. Des concerts en Europe et en France sont annoncés. Le troisième extrait de "Bad" est alors envoyé aux radios. Il s'agit de "The Way You Make Me Feel". Un clip accompagne la chanson. Il est réalisé par Joe Pytka, un réalisateur issu du monde de la publicité (comme Steve Baron pour Billie Jean). Michael y interprète un garçon qui tombe sous le charme d'une jeune femme dans la rue. Il la suit alors partout, essayant de la séduire par sa danse et sa voix. Finalement il arrive à ses fins et la jeune femme (interprètée par Tatiana Thumbtzen) tombe dans ses bras. Michael est d'ailleurs tombé sous le charme de cette jeune danseuse lors du tournage et, d'après plusieurs personnes de l'entourage de Michael ainsi que Tatiana elle même, il aurait eut une petite idyle entre eux deux. Quoi qu'il en soit, le single se place lui aussi numéro 1 du Hot 100. Les trois premiers singles de "Bad" se sont tous placés numéro 1 aux USA : "de bonne augure pour les Awards pensait Michael" : il avait tord !
En janvier 1988 et alors que "Bad" est un gros succès aux USA, Michael n'est nommé que dans deux catégories pour les American Music Awards. Il n'assistera même pas à la cérémonie mais recevra tout de même un prix : meilleure chanson R&B pour Bad. Le public, qui vote aux AMA, semble bouder Michael. Peut être est-ce son look, peut être est-ce toutes ces rumeurs, ou peut être tout simplement que le public se lasse d'un Michael triomphant. Les professionnels, eux, sont plus objectifs. Ainsi, Michael est nommé dans quatre catégories aux Grammy Awards. Fait très rare, il accepte même de se produire sur scène lors de la cérémonie. Malheureusement, l'album "Bad" ne reçoit qu'un prix ce soir là. Ironie du sort, c'est Bruce Swedien qui monte sur scène pour recevoir le prix du meilleur ingénieur du son pour Bad.
Lâché par ses paires et d'une certaine manière par le public, Michael monte alors sur scène pour faire son numéro : un numéro époustouflant, mémorable et proche de la perfection ! Il y chante "The Way You Make Me Feel" en dansant comme un magicien qui execute son tour, puis il interprète "Man In The Mirror" comme jamais plus il ne le refera. Pour le final, un choeur gospel entre sur scène. Michael tourne sur lui même et retombe violement sur ses genoux, se relève, continu de chanter malgré qu'un de ses choristes vient lui essuyer le front, retourne sur lui même et retombe à nouveau sur ses genoux. Il est dans sa chanson, il sort ses trippes, son âme et toute la rage et la déception qu'il avait accumulé depuis les American Music Awards. Petite revanche ou pas, il fini son morceau dos au public, dos à ces professionnels qui l'ont boudé avant de se retourner et contempler la salle qui l'applaudie debout pendant de longues secondes, mais sans un cri et presque "sans un bruit". La gêne est palpable.
Malgré tout, Michael commence sa tournée aux USA avec trois concerts au Madison Square Garden complets ! La critique du concert est très bonne. La presse est sur ce point très élogieuse. Pour sa tournée américaine, Michael a ajouté plusieurs chansons de l'album "Bad" au programme, à savoir : Another Part Of Me, Smooth Criminal, Dirty Diana, The Way You Make Me Feel et Man In The Mirror.
Le quatrième extrait de "Bad" : "Man In The Mirror" qui est sortit en février, atteint lui aussi la première place du Hot 100 ! Le clip montre diverses images d'archives d'hommes célèbres pour leurs combats, ainsi que plusieurs évenements importants du XXème siècle. Michael n'y apparait que sur un plan. Les places pour le Bad World Tour en Europe sont mises en vente. En France, un concert prévu à Lyon doit être annulé faute de ventes suffisantes. Notre pays boude quelque peu Michael. Malgré d'excelentes ventes pour "Bad" (près d'un million d'exemplaires à l'époque), les français sont de plus en plus septiques au sujet de Michael. Le détester devient un sport nationnal chez nous !
En avril 1988 sort la toute première autobiographie de Michael. "Moonwalk", c'est son titre, devient très vite un best seller à travers le monde. Michael y parle de son enfance, de sa musique, de sa vie en général. C'est la première fois qu'il se confie de cette manière. Même si le contenu n'a rien d'explosif et qu'il ne fait aucune révélation extraordinnaire, il est tout de même intéressant.
Le même mois sort le cinquième extrait de "Bad" : "Dirty Diana". Un clip très sobre accompagne le single. On y voit Michael sur scène en train de chanter le titre devant un public. Steve Stevens, guitariste de Billy Idol, qui avait fait le solo de guitarre en studio, accepte de
tourner dans la vidéo. "Dirty Diana" devient numéro 1 du Hot 100. C'est la première fois qu'un artiste arrive à placer les cinq premiers singles d'un même album en tête du Hot 100 : un record. En mai, Michael enménage dans une énorme propriété qu'il a acheté dans la vallée de Santa Ynez en Californie. Il la baptise Neverland, en hommage à Peter Pan. Sur plus de 1200 hectares, Michael peut y installer un parc d'attraction privé, un zoo, un petit train qui fait le tour de la propriété, une salle de cinéma ou encore une petite maison spéciale ou tous ses prix sont exposés. Continuant sa tournée interminable, Michael arrive en mai en Europe. Il commence par l'Italie, puis l'Autriche, la Holland, la Suède, la Suisse, l'Allemagne et enfin la France à la fin du mois de juin. Il y donnera deux concerts au Parc des Princes puis plus tard en août, un à Montpellier et à Nice. Beaucoup de stars françaises se déplacent pour le premier concert du Parc des Princes le 27 juin 1988 : Johnny Halliday, Patrick Sebastien ou Yves Montant. Michael reçoit également la Médaille de la ville de Paris des mains de Jacques Chirac !
Il continu sa tournée marathon à travers l'Europe. En juillet il arrive en Angleterre ou les billets du Bad Tour se sont vendus en des temps records. Ainsi les cinq concerts prévus au mythique stade Wembley seront complets : soit 360 000 billets vendu ! Lors du troisième concert à Wembley, Michael reçoit la visite de la Princesse Diana et du Prince Charles. Ayant d'abord décidé de retirer la chanson "Dirty Diana" du concert pour ne pas offusquer la Princesse (la chanson parlant d'une fan du nom de Diana qui fait tout pour approcher sa star préférée), il se voit obliger de la jouer à la demande même de Lady Di qui semble beaucoup apprécier cette chanson. Ils resteront d'ailleurs amis jusqu'à la mort de Diana en 1997.
Le même mois, "Another Part Of Me", le sixième extrait de "Bad", sort dans le commerce. Le clip utilise de nombreuses images du Bad Tour avec notamment plusieurs plans des concerts au Parc des Princes. Il atteindra la 11ème place du Hot 100. Michael continu sa tournée. En août il passe par l'Espagne, la Belgique, revient en Allemagne, en France, en Autriche. Le Bad Tour est un succès colossal. Michael arrive à remplir des stades entiers partout ou il va. Ses concerts se jouent souvent à guichets fermés, devant 50 000, 70 000 voir 100 000 personnes ! Tout le monde veut voir Michael en concert. Aux USA, il est obligé de rajouter des dates pour une seconde tournée. Ainsi, en septembre 1988, il est de retour pour plusieurs concerts à travers les Etats-Unis.
Il est alors annoncé qu'un film intitulé "Moonwalker" sortira en décembre. Tourné en 1987, ce film est cindé en 3 parties : une retrospective de la carrière de Michael, une partie ou il est poursuivit par des gens en patte à modeler et contient le clip de "Speed Demon", et enfin une troisième partie ou Michael interprète le rôle d'une sorte d'ange poursuivit par un trafiquant de drogue interprèté par Joe Pesci (L'Arme Fatale II, III et IV). La troisième partie sert en fait de cadre au clip de "Smooth Criminal". C'est d'ailleurs le septième extrait de "Bad". Le clip est présenté dans une version courte et fait sensation. Michael est en costume des années 30 et danse avec plusieurs gangsters dans une chorégraphie qui reste dans les mémoires. "Smooth Criminal" réussit à se placer à la 7ème place du Hot 100.
En décembre 1988, "Moonwalker" sort en salle en Europe. Aux USA, des différents avec les distributeurs obligera une sortie uniquement en vidéo. Les distributeurs accusent alors Michael de vouloir trop d'argent. Le film ne fera pas beaucoup d'étincelles en salle. Malgré tout, la vidéo se vend assez bien.
En janvier 1989, Michael achève enfin le Bad World Tour après quelques derniers concerts à Los Angeles. La tournée aura duré 16 mois et rassemblée 4,4 millions de personnes en 123 concerts. Le Bad World Tour est sans doute l'une des plus grosses tournées des années 80.
Le 30 janvier, il reçoit un American Music Award spécial pour l'essemble de sa carrière. La promotion de "Bad" continue cependant en Europe. Ainsi "Leave Me Alone" sort en février 1989. Accompagné d'un clip (disponible dans le film "Moonwalker") la chanson parvient à la 2ème place du Top 100 Single anglais et 17ème au Top 50 français. Michael y chante son ras-le-bol et demande à ce qu'on le laisse tranquille (to leave alone, en anglais).
En juillet, le dernier single de "Bad" sort en Europe. Il s'agit de "Liberian Girl". La vidéo qui accompagne le clip fait sensation. Elle regroupe énormément de stars comme : Steven Spielberg, Woopy Goldberg, Danny Glover, Paula Abdul, David Copperfield, John Travolta et Olivia Newton John, Quincy Jones ou encore Suzanne Sommers. Toutes ces stars sont cencé passer une audition pour le prochain clip de Michael, avant de s'appercevoir qu'en fin de compte elles ont été filmées à leur insue. Même si il n'a pas eut le succès de "Thriller", "Bad" est tout de même un énorme succès. En juillet 1989, il s'est vendu à plus de 20 000 000 d'exemplaires (10 000 000 rien qu'aux USA), a placé cinq singles numéro 1 du Hot 100 américain, a produit sans doute les meilleurs clips de Michael et la plus grosse tournée des années 80 (n'ayons pas peur des mots !). Mais c'est aussi la période ou le public commence à s'intéresser aux bizareries de Michael : son singe Bubbles, son caisson à oxygène, son visage... Bon nombre de ces rumeurs sont fausses et directement orchestrées par le staff de Michael. Mais elles lui coleront à la peau pendant très longtemps.
En ce qui concerne la couleur de sa peau, Michael souffre depuis 1978 d'une maladie appelée : Vitiligo. Le vitiligo est une maladie qui détruit la pigmentation de la peau (donc la couleur). Environ 2% de la population mondiale est touchée par cette maladie.
Dans 90% des cas, il s'agit juste de quelques tâches aux coudes, genoux ou aux mains. Mais chez certaines personnes, la maladie gagne tout le corp. C'est ce qui se passe pour Michael. Afin de gommer ces tâches, il utilise un produit appelé : Dermablend. Le Dermablend est très utilisé dans les maladies de peau pour gommer les tâches et ainsi rendre la peau homogène. Cependant, il ne se décline qu'en quelques teintes. Pour un noir, la couleur obtenue est alors plus claire. En 1989, Michael est déjà plus claire. Il se protège du soleil car à cause du Vitiligo, il ne peut pas bronzer. Malheureusement, la maladie gagnera encore du terrain dans les années qui suivirent. Vers la fin de l'année 1989, Michael se coupe enfin du monde, n'apparaissant que très rarement dans des cérénomies ou lors de galas. On le verra notamment lors d'une soirée en hommage à Sammy Davis Junior, monstre sacré du Music Hall. Michael y chantera "You Were There" une chanson spécialement composée pour l'occasion, devant un Sammy Davis malade mais visiblement très ému et qui se lèvera pour aller remercier Michael avec les larmes aux yeux. Il décèdera quelques mois plus tard des suites d'un cancer.
Et enfin, en début d'année 1991, la rumeur d'un nouvel album se précise. Un Best Of avec plusieurs inédits est annoncé, avant que Michael ne décide finalement de sortir un album entier. Le projet "Decade" est annulé, place au projet "Dangerous"...
Le 20 mars 1991, Michael Jackson signe un contrat record de près d'un milliard de dollars U.S. avec Sony et sort l'album Dangerous. Musicalement, « Dangerous » marque un changement de cap par rapport à « Bad » avec l'arrivée de Teddy Riley, le créateur du New Jack Swing pour la co-production des titres avec Jackson. La production est nettement plus dépouillée que sur les albums précédents, les rythmiques sont synthétiques et minimales, le son toujours irréprochable est froid, malgré tout cela fonctionne et des morceaux comme « Jam » ou « In the closet » ont une dynamique incroyable , les textes sont innovants et fouillés, les mélodies plus complexes. Pendant sa tournée mondiale Dangerous Tour, Jackson annonce la création de son organisation caritative Heal The World (association qui sera rejointe par Heal The Kids en 2001 puis toutes les deux dissoutes la même année). L'album Dangerous contient les singles Who Is It, Give In To Me, Gone Too Soon (une chanson en l'hommage d'un jeune garçon victime du SIDA, Ryan White), et Will You Be There, qui deviendra plus tard le thème du film Sauvez Willy.
Cependant, les singles les plus connus et ayant eu le plus de succès sont Jam, Remember The Time, Black Or White, In The Closet, et Heal The World. Comme à son habitude, Michael Jackson sort pour ces chansons les clips parmi les plus chers, les plus créatifs et les plus innovants de leur époque : Give In To Me avec la participation de Slash des Guns n' Roses, le clip de Heal The World (correspondant à l'organisation caritative du même nom. Le clip montre des enfants et des adultes du monde entier), Will You Be There avec Michael Jackson performant sur scène. Quelques-uns des autres clips ont un scénario et des séquences de danse plus complexes avec souvent des apparitions de célébrités : le clip de Jam montre Michael Jackson et Michael Jordan jouant au baskeball et dansant ensemble, tandis que Remember The Time se déroule dans un palais égyptien avec la présence d'Eddie Murphy jouant un pharaon essayant d'amuser sa femme Iman (Bowie). Magic Johnson tient le rôle du garde du pharaon. La danse et le chant de Michael Jackson est ce qui rend finalement le personnage de Iman heureux dans cette vidéo de 9 minutes. Dans In The Closet, Michael et Naomi Campbell font une parade nuptiale dans un décor de refuge désertique.Dans la pochette de l'album, la fille qui murmure dans In the closet est nommé comme The mysterious girl. Il s'agit en fait de Stéphanie de Monaco qui de passage aux États-Unis s'est retrouvée par hasard à enregistrer sa voix pour Michael Jackson.
Tandis que Dangerous atteint 7 millions d'exemplaires vendus aux États-Unis, l'album devient le deuxième album le plus vendu dans la carrière de Michael Jackson en atteignant 29 millions de copies vendues (battant ainsi le record de l'album Bad).
Parmi tous les clips issus de Dangerous, celui de Black Or White est de loin le plus diffusé, le plus populaire et le plus marquant à ce jour. Cette vidéo, dont la durée originale est de 10 minutes, a été diffusée en mondiovision le 14 novembre 1991 sur les chaînes MTV, VH1, BET et ABC, établissant ainsi un record avec sa première diffusion suivie par près de 500 millions de téléspectateurs dans le monde. La vidéo originale commence dans une banlieue américaine avec l'acteur Macaulay Culkin jouant le rôle d'un jeune fan de Michael Jackson et dont le père lui ordonne d'éteindre la musique qu'il écoute. Mais au lieu de faire cela, le personnage de Macaulay Culkin décide d'amener des enceintes géantes dans son salon en mettant le son à fond, ce qui envoie le père sur son fauteuil à travers le toit ! Le père atterrit en plein milieu d'une savane africaine. La musique de Black Or White démarre alors, et Michael Jackson amène les téléspectateurs dans un voyage autour du monde, de pays en pays et de culture en culture. À la fin de la chanson, le clip présente une séquence de morphing de visages de personnes de sexe, d'origine et de couleurs différentes (parmi ces personnes figure le mannequin Tyra Banks) pour symboliser l'unité des êtres humains. Bien que Black Or White n'ait pas été le premier clip vidéo à utiliser le morphage (le groupe Godley & Creme en ayant déjà utilisé une forme moins avancée pour la vidéo de leur chanson « Cry » en 1985), il a été le premier à exposer de manière massive cet effet spécial aux yeux du public, et a donc surpris beaucoup de monde. Grâce à Black Or White, ainsi qu'avec le développement de la puissance des ordinateurs, le morphage est devenu désormais quelque chose de très courant dans les clips vidéos d'aujourd'hui.
Le clip de Black Or White continue après la fin de chanson. Les quatre dernières minutes montrent Michael Jackson dansant dans une rue déserte la nuit faisant quelques gestes (qui ont été considérés comme obscènes ou en tout cas fort suggestifs) détruisant des vitres de magasins et une voiture, sur lesquels sont inscrits des symboles nazis et racistes, avec un pied de biche. Le clip se termine enfin avec une apparition des personnages animés Bart Simpson et Homer Simpson. Cette fin de clip déclencha une vive réaction de la part de certains parents qui l'avaient vue. MTV et d'autres chaînes décidèrent de couper par la suite la fin du clip vidéo pour toutes les diffusions ultérieures, et Michael Jackson publia un communiqué dans lequel il s'excusa auprès de toutes les personnes qui avaient été offensées.
Jusqu'à aujourd'hui, les quatre dernières minutes du clip ont seulement été rediffusées aux États-Unis sur la chaîne MTV 2 entre une heure et quatre heures du matin dans une émission spéciale sans censure « Les clips vidéos les plus controversés ». La version intégrale du clip reste disponible sur les DVDs de Michael Jackson.
HIStory, un double album, sort en juin 1995. Le premier disque contient quinze des plus grands succès remastérisés de Michael Jackson. Une 16eme piste est présente sur ce premier disque, mais uniquement pour les premiers pressages vendus. Cette piste bonus contient un message audio remerciant les fans de leur soutien et la deuxième galette 15 nouvelles chansons (dont une reprise des Beatles, Come Together, enregistrée des années auparavant pour le film Moonwalker). L'album a conduit à deux nouveaux singles et clips en tête des classements américains : Scream qui est un duo avec sa s½ur Janet dans une vidéo futuriste, et You Are Not Alone avec une brève apparition de Lisa Marie Presley (épouse de Michael à l'époque). Les autres singles de l'album, Childhood, Earth Song, Stranger In Moscow, et They Don't Care About Us ont eu un succès limité aux États-Unis contrairement à l'Europe. Au Royaume-Uni, Earth Song est resté six semaines en tête des hit-parades et est le single de Michael le plus vendu dans ce pays (devant « Billie Jean »). Earth Song est un hymne pop-gospel contre la destruction de l'environnement. Au final, l'album s'est vendu à plus de 18 millions d'exemplaires dans le monde. Et il est le double album le plus vendu de tous les temps.
La chanson Childhood devient la bande originale du film Sauvez Willy 2. They Don't Care About Us déclencha une polémique à sa sortie à cause de ses paroles controversés, que certains considèrent comme antisémites, ce dont Jackson se défend. Les phrases « Jew me, sue me / Kick me, kike me » sont modifiées dans une deuxième vague de sortie de l'album. Dans cette chanson, le chanteur exprime son désir de ne pas être enfermé dans des catégories liées à sa couleur de peau ou à ses origines : « Traitez moi de juif, de blanc ou de noir » (« Don't you black or white me »). Le premier clip tourné pour cette chanson a pour décor une prison, où Jackson est dans une cellule sur les murs de laquelle des écrans balancent pêle-mêle des images de bavures policières, de guerres, etc. Il n'est pas sans rappeler celui de Man In The Mirror (peu diffusé déjà à l'époque). Ce clip passera inaperçu et Spike Lee tournera une deuxième version au Brésil avec Michael dansant dans les favelas de Rio de Janeiro au son des tambours du groupe Olodum. Un autre single de l'album aurait dû voir le jour, Smile, hommage à Charlie Chaplin, mais fût annulé peu avant sa distribution.
En 1997, Sony impose à Michael Jackson de sortir Blood On The Dance Floor, un album de remix de quelques chansons de HIStory ainsi que 5 nouvelles chansons. Cet album est destiné à accompagner la partie européenne du HIStory World Tour. La chanson titre sort en single accompagnée d'un clip co-réalisé par Michael. L'album est passé presque inaperçu aux États-Unis mais a encore une fois été plus populaire en Europe. Ce fût l'album de remixes le plus vendu au monde (avec 6 millions d'exemplaires vendus). Michael Jackson a également produit Ghosts, un court métrage à sensation de 40 minutes réalisé par Stan Winston, et écrit par Michael et Stephen King, qui a été diffusé hors-compétition au Festival de Cannes de 1997 puis dans quelques salles de cinéma. Le film utilise les chansons 2 Bad, Ghosts et Is It Scary (2 titres inédits de l'album Blood on the Dancefloor). « Ghosts » est le second single de l'album de remix, accompagné d'un clip réunissant des images du court-métrage. Celui-ci est occasionnellement diffusé sur les chaînes télévisées musicales, surtout pendant la période de Halloween.
En juin 1999 sont organisés deux concerts exceptionnels intitulés Michael Jackson & Friends à but caritatif, l'un à Séoul et l'autre à Munich. Ces concerts réunissent sur scène avec Michael certaines des plus grandes stars mondiales (Andrea Bocelli, Mariah Carey, Scorpions, Noa, l'ex-batteur des Beatles : Ringo Starr...). Une chanson écrite pour l'occasion, What More Can I Give, ne sera finalement pas interprétée sur scène ni commercialisée avant les attentats du 11 septembre 2001.
En mars 2001, Michael est introduit en tant qu'artiste solo au Rock and Roll Hall Of Fame (il y avait été déjà introduit avec ses frères en 1997). Les 7 et 10 septembre 2001, il fête ses trente ans de carrière solo et donne avec ses frères un show au Madison Square Garden (New York). Le single de What More Can I Give réunissant Michael et de très nombreux artistes comme Céline Dion, Beyoncé, Usher, Luther Vandross, Mariah Carey, ne sort pas dans le commerce suite au refus de Sony mais est quand même disponible en téléchargement payant sur internet et les fonds récoltés iront aux victimes des attentats du 11 septembre. Une version espagnole a aussi été produite, Todo Para Ti, avec entre autres Shakira, Ricky Martin, Gloria Estefan, ainsi qu'un clip (version anglophone).
En octobre 2001, il sort Invincible, l'album le plus cher jamais produit, qui débuta numéro 1 au classement américain Billboard, se vendant à 2,5 millions d'exemplaires aux USA et à ce jour plus de huit millions dans le monde. Bien que les chiffres restent impressionnant pour n'importe quel artiste, ils restent décevants en comparaison avec les succès précédents du chanteur et du coût de production de l'album. Invincible marque une nouvelle étape dans le style musical de Michael Jackson, puisqu'il s'oriente vers le R'n'B avec l'aide de nouveaux producteurs tels que Rodney Jerkins.
Contrairement aux albums précédents avec lesquels près de 9 singles étaient commercialisés (7 pour Thriller, 9 pour Bad et Dangerous), Invincible a produit seulement deux singles aux États-Unis avec You Rock My World et Butterflies. Cry a également fait l'objet d'un troisième single, mais uniquement en Europe.
You Rock My World a atteint le Top 10 aux États-Unis, mais pendant une petite semaine. Le clip vidéo à gros budget pour cette chanson, avec l'apparition de Marlon Brando et Michael Madsen, dure au total 14 minutes et il existe une version courte de 5 minutes. Michael fait dans ce clip des allusions à ses anciennes chansons, à ses anciens clips et aux chorégraphies qui l'ont rendu célèbre. Il existe aussi un mix de la chanson avec le rappeur Jay-Z. Butterflies est rentré dans le Top 20 américain et est même monté à la deuxième place du classement R'n'B sans avoir un single de commercialisé, mais son succès reste mitigé dans ce pays malgré un remix radio assez populaire avec la rappeuse Eve. Le manque de succès de Invincible repose selon Jackson pour partie dans sa très faible promotion, ce qui ouvre une crise entre Sony et Michael Jackson : plusieurs sorties de singles sont annulées (dont Unbreakable) et la promotion de cet album est arrêtée trois mois à peine après sa sortie.
En une semaine, Invincible s'est néanmoins vendu à plus de 166 000 exemplaires en France, ce qui en fait l'album le plus vendu en une semaine par un artiste étranger dans ce pays. (suivi en 2e place par Madonna et son album Confessions On A Dance Floor en 2005,qui a bénéficié d'une importante campagne de publicité à travers le monde)
Le 13 juin 2002, Michael Jackson a été introduit, pour son travail de compositeur, au Songwriters Hall of Fame. À cette même période, il accuse publiquement le PDG de Sony Music, Tommy Mottola, d'avoir saboté la promotion de son album Invincible. Tommy Mottola fut ensuite licencié par Sony.
Le 29 août 2003, Michael assiste à une soirée donnée en l'honneur de son anniversaire dans la banlieue de Los Angeles (à l'Orpheum Theater). Le 20 novembre, Michael Jackson sort une nouvelle chanson inédite, One More Chance, composée par R. Kelly. C'est la seule nouvelle chanson présente sur sa compilation Number Ones qui clôt son contrat avec Sony conclu en 1991. Un clip avait été tourné à Las Vegas mais sa diffusion fût annulée par Sony suite aux nouvelles accusations portées contre l'artiste.
Le 16 novembre 2004, Michael Jackson sort un box set de 4 CD et 1 DVD, intitulé The Ultimate Collection, retraçant l'ensemble de sa carrière et avec d'ancien morceaux inédits, des démos, des versions inédites et quelques nouvelles chansons. Cheater sert de façon restreinte à la promo du coffret et son clip composé d'extraits du DVD Dangerous Tour est diffusé sur certaines chaines musicales. Un autre clip est diffusé, Beat It, extrait du même DVD.
Le 19 juillet 2005, une nouvelle compilation « The Essential Michael Jackson » sort ainsi qu'un DVD contenant le concert de Bucarest du Dangerous World Tour. Contre toute attente, le CD compilation se vend très bien (N°1 en France et + de 350 000 exemplaires vendus), le DVD également (N°1 des ventes de DVD musicaux en France) profitant sans doute de la curiosité d'un nouveau public après le procès.
Le 6 septembre 2005, Michael Jackson, très peu visible médiatiquement depuis son acquittement, déclare avoir écrit une chanson humanitaire intitulée From The Bottom Of My Heart (puis renommé I Have A Dream) dont les bénéfices seront versés aux victimes de l'ouragan Katrina. Le projet est en attente d'enregistrement sous le label 2 Seas Records (http://www.2seasrecords.com/) avec la participation de nombreux artistes parmi lesquels figureront Jay-Z, Mariah Carey, Missy Elliott, R. Kelly, Wyclef Jean, Lenny Kravitz, Lauryn Hill, Mary J. Blige, Yolanda Adams, Babyface, James Brown, Stevie Wonder, Little Richard, Jermaine Jackson, Snoop Dogg, the O'Jays et Ciara. La chanson ne sera finalement jamais commercialisée.
Du 20 février au 26 juin 2006 (mais à partir du 20 mars en France), Sony BMG sortira chaque semaine un ancien single de Michael Jackson dans un nouveau format DualDisc : chacun comportera une face CD avec la chanson, et une face DVD avec le clip-vidéo correspondant. Au total, les 20 singles pourront être regroupés dans un même coffret appelé Visionary - The Video Singles.
Le 18 avril 2006, Michael Jackson tourne une grande page dans sa carrière en annonçant dans un communiqué qu'il quitte le label Epic Records (et donc sa maison de disques Sony BMG), sous lequel il produisait tous ses albums solo depuis Off The Wall en 1979. En effet, on apprend que le chanteur a signé un contrat avec le producteur de musique anglais Guy Holmes qui est par ailleurs le PDG du label indépendant 2 Seas Records, dont le siège se trouve à Bahrein. Le contrat prévoit la production d'au moins un nouvel album, dont la sortie serait prévue pour fin 2007.
Un mois plus tard, le 27 mai, le chanteur arrive à Tokyo pour y recevoir une récompense aux MTV Video Music Awards Japan, à savoir le Legend Award. C'est sa première apparition publique officielle depuis son acquittement l'année précédente. En 2006, le chanteur annonce son intention de s'installer en Grande-Bretagne, pays qu'il affectionne, afin de travailler sur un prochain album et de prévoir une série de concerts à travers le monde.
Michael Jackson réside alors en Irlande avec ses enfants, où il a été vu travaillant en studio avec le producteur Will.I.Am des Black Eyed Peas.
Le 15 novembre 2006, Michael Jackson est présent au World Music Awards à Londres (Angleterre) pour y recevoir une récompense, le Diamond Award, réservé aux artistes ayant vendus plus de 100 millions d'albums. Un critère qu'il a déjà très largement obtenu. Avec une reprise du titre Thriller par Chris Brown, la cérémonie rendra aussi hommage aux 25 ans de l'album du même nom, qui sort d'ailleurs en France dans une édition limitée « Packaging Disque d'Or » en novembre 2006.
Le 16 novembre 2006, lors de son séjour à Londres pour les World Music Award, Michael Jackson confie à Mtv UK qu'il travaille principalement seul à l'écriture de son prochain album et qu'une fois définitivement installé dans une nouvelle résidence il s'attaquera à un projet de film.
Michael Jackson réside présentement à Las Vegas (USA) avec ses enfants, où ils auraient été vu à plusieurs spectacle dont ceux de Prince et des Beatles. Il travaillerait toujours sur son nouvel album, notamment au studio Record Plant de Los Angeles.
En janvier 2007, Jermaine Jackson annonçait sa volonté de créer un music-hall ayant pour thème les Jackson Five. Michael Jackson aurait proposé que le spectacle prenne place à Neverland Ranch.
MICHAEL JACKSON : L'EPOUX ET LE PERE
Michael Jackson s'est marié pour la première fois en République dominicaine le 26 mai 1994 avec la fille d'Elvis Presley, Lisa-Marie Presley, et s'est séparé légalement de celle-ci d'un commun accord le 18 janvier 1996. Jackson s'est ensuite remarié le 15 novembre 1996 avec une femme de confession juive, Deborah Rowe, l'assistante de son dermatologue qu'il connaissait depuis 1981. Ils ont eu un fils qu'ils ont appelé Prince Michael Jr, et une fille appelée Paris Katherine, puis ont divorcé à l'amiable le 8 octobre 1999. Debbie Rowe déclarera laisser en 'cadeau' (réclamant quelques millions de dollars) les deux enfants à la garde exclusive de Michael Jackson, en abandonnant ses droits parentaux. Depuis décembre 2005, Rowe a saisi un tribunal familial pour reprendre ses droits parentaux. L'affaire a depuis été résolue de manière à satisfaire les deux parents. Les parrains des deux enfants sont les stars Elizabeth Taylor et Macaulay Culkin.
En 2002, Jackson a eu un autre fils, Prince Michael II (surnommé « Blanket ») dont l'identité de la mère est restée confidentielle, et avec lequel il déclencha une grande polémique. En effet, au mois de novembre de la même année, le chanteur s'est rendu en Allemagne dans la ville de Berlin, afin d'y recevoir une récompense lors d'une grande soirée. La cérémonie était considérée suffisamment importante pour qu'un juge américain autorise à repousser la date de son témoignage dans le cadre d'une plainte déposée par le producteur allemand Marcel Avram concernant l'annulation de concerts prévus quelques années auparavant.
Lors de l'arrivée de la star à Berlin, ses admirateurs ont rapidement appris qu'il résidait au très chic hôtel Adlon. Ils se sont réunis sous la fenêtre de sa suite pour l'appeler et l'acclamer, et ont rapidement chanté une chanson condamnant les médias pour leur couverture négative des différents problèmes judiciaires de Jackson. Selon le chanteur, ses admirateurs ont également crié qu'ils voulaient voir Prince Michael II. En réponse, celui-ci apporta son plus jeune fils sur le balcon, en l'entourant de son bras droit et avec un léger voile sur la tête, apparemment pour protéger son identité. Il l'a alors tenu quelques secondes au-dessus de la rambarde du balcon, puis ils sont tous les deux rentrés dans la chambre. Ce geste fut vivement critiqué par la presse du monde entier, qui a considéré qu'il y avait mise en danger de la vie d'un enfant. Il s'agit là d'une des plus grosses bourdes de sa carrière, médiatiquement parlant. Après avoir vu la couverture médiatique de l'évènement, la Procureur de Californie (où se trouvait la résidence principale de Michael Jackson avant qu'il ne vive à Bahrein en 2005) a écrit une lettre au Service Californien de Protection à l'Enfance afin de déclencher une procédure d'investigation sur la santé, la sûreté des trois enfants de Michael Jackson et la capacité de celui-ci à les élever. Parce que les Services de Protection à l'Enfance ne rendent jamais leurs investigations publiques, le déclenchement d'une quelconque action est cependant restée inconnue.
Quelques jours plus tard, le chanteur présenta ses excuses dans un communiqué écrit où il a précisé qu'il tenait très fermement son fils et qu'il avait fait ce geste de manière précipitée et irréfléchie devant les nombreuses acclamations des fans en bas de l'hôtel : « J'ai fait une terrible erreur. J'ai été pris par l'excitation du moment. Jamais je ne mettrais volontairement la vie de mes enfants en danger. » Dans un reportage intitulé Living With Michael Jackson en février 2003, Jackson est revenu sur le déclenchement de cette polémique en déclarant que les médias avaient eu tort dans leurs commentaires qui le déclaraient irresponsable : « J'adore mes enfants. Je tenais mon fils très fermement contre moi. Pourquoi essayerais-je de jeter un bébé par un balcon ? C'est l'histoire la plus ridicule et la plus stupide que j'ai jamais entendue. »
Lors de leurs apparitions publiques, les visages de Prince, Paris et « Blanket » sont dissimulés sous des masques pour enfants ou des voiles, afin d'assurer leur sécurité en préservant leur identité. Debbie Rowe déclara que c'était son idée à cause des nombreuses menaces de mort anonymes qu'ils recevaient. Michael a affirmé dans une récente interview qu'il adorerait amener ses enfants sur scène avec lui et montrer leurs visages à ses fans. Après que les enfants ont pu être aperçus dans Living With Michael Jackson, beaucoup de personnes s'interrogèrent sur la paternité biologique de Michael Jackson, car aucun trait africain n'est vraiment visible sur eux. Le chanteur expliqua que son propre père, Joe, est noir mais qu'il a pourtant les yeux bleus et que quelques ancêtres de la famille Jackson sont blancs, et même nord-amérindiens. Cependant, dans ce même documentaire, Jackson a révélé qu'il avait eu recours à une mère porteuse de couleur noire pour « Blanket ».
Lors d'un voyage au Japon en mai 2006, il aurait également visité plusieurs orphelinats en vue d'adopter un enfant[2].
Depuis longtemps, de nombreuses rumeurs ont été déclenchées par plusieurs femmes qui prétendent que Michael est le père de leurs enfants. L'une d'entre elle a même prétendu qu'elle était enceinte de quadruplés. Au début des années 1980, une femme déclara que MJ était le père d'un de ses jumeaux ! Le livre Michael Jackson de l'autre coté du miroir d'Yves Gautier, sur cette question du rapport de Jackson à la paternité, montre, entre autres éléments, comment Michael Jackson « paterne à la manière d'une mère célibataire » et dans quel cadre il place la relation à ses enfants. L'auteur parle d'une sorte de malédiction de l'enfance.
Parmi les amis proches de Jackson, dont la plupart ont connu comme lui une célébrité dès leur plus jeune âge, on peut citer Elizabeth Taylor, Diana Ross, Marlon Brando, Mark Lester, Gregory Peck, Katharine Hepburn, Dodi Al-Fayed, Macaulay Culkin, Chris Tucker. Ces deux derniers sont venus témoigner en sa faveur lors de son procès en 2005.